La montagne blessée

Zermatt, Valais, Suisse / 45°99’N 7°60’E
A Zermatt, les 6 gros câbles de la liaison vers Breuil-Cervinia  s’imposeront dans le ciel au dessus du Cervin. Des cabines chauffées, permettant aux touristes Indiennes en sari de noces et sandalettes dorées de franchir les Alpes en tout confort. (image publicitaire).

 

A Grindelwald, la ligne aérienne du nouveau EIger Express – gain de 28 minutes sur le trajet…- qui zèbre en premier plan le  Nordwand, la mythique face Nord de l’Eiger. (image publicitaire).

 

Grindelwald, Berne, Suisse / 46°61’N 7°90’E

Dans « Chaudun, la montagne blessée », Luc Bronner livre le récit de l’abandon, en 1895, de son territoire d’une vallée des Hautes-Alpes françaises par une population de paysans de montagne. Les causes, le surpâturage, la surexploitation forestière, la fragmentation du parcellaire agricole.
En Suisse, ce sont des descendants de familles de paysans de montagne, devenus d’avides acteurs de l’industrie du tourisme, qui ne cessent de blesser le paysage, patrimoine mondial, par l’extension de lourdes installations de transports.

(…) Ces montagnes-là, on ne sait jamais si on y monte pour leur beauté, ou si on les trouve extraordinaires à cause de ce qu’elles représentent pour nous, magnifiées par ce qu’on nous en a raconté ou ce qu’on en a lu. (…)
Kilian Jornet.  » Au-delà des sommets « .

Frontières

Région genevoise, espace franco-suisse
Non, ce n’est pas le Pont sur la Drina, magnifiquement évoqué par Ivo Andric, il n’en a pas l’ampleur. C’est un modeste ouvrage sur le cours moyen de La Versoix, dont je me garde de vous donner les coordonnées, pour préserver la quiétude des lieux. Mais peut-être est-il, lui aussi, lieu de conciliabules, par des hommes venus des deux rives de la rivière.
La Versoix, une aimable rivière, frontière à la fois internationale entre le Pays de Gex français et le District de Nyon suisse, puis devient cantonale entre les cantons de Genève et Vaud.
La Versoix, sur Suisse, mais avant, proche de sa source, sur France, La Divonne. Nous la franchissons souvent en roulant, l’oubliant, puis la retrouvant sous ses frondaisons, lors de balades hygiéniques – par temps de pandémie.

En ces temps d’incertitude quant au Voyage, contraints à l’immobilisme géographique, on regarde au plus proche, autour de chez nous, où l’on butte rapidement sur des frontières. Un projet en cours d’élaboration pour le Pavillon suisse à la Biennale de Venise 2021 est intitulé : « La frontière est un territoire ». Le concept est d’aller au-dessous de l’épaisseur du trait sur la carte, pour étudier le vécu dans les espaces transfrontaliers. C’est le dossier du numéro de septembre 2020 de TRACES, consultable sur espazium.ch.

On évoque, entre autres, le Grand Genève, ce projet d’aménagement du territoire transfrontalier franco-valdo-genevois, qui peine à se concrétiser. Et l’on mesure sa fragilité lorsque, comme maintenant, des mesures administratives asymétriques restreignent les déplacements des populations de part et d’autre du trait sur la carte. On n’efface pas si facilement les frontières.

Des bornes-frontière dans le sous-bois de La Versoix