Guanajuato

Guanajuato, Mexique / 21°1’N 101°15’W / 1975
Déambulant dans les tortueuses ruelles de la vieille cité coloniale enserrée au creux de son étroite vallée, nous débouchons sur cette place. Des maisons colorées en fond de décor, une église évidemment, une fontaine. La terrasse de l’estancia aux frais nappages, chaises à hauts dossiers bancales sur les gros galets, nous attendent pour la prochaine comida. Un campesino sort de la pulqueria, remonte en selle. C’est le pittoresque du Mexique immuable. Il ne manquerait plus que les deux pétroleuses (Bardot/Cardinale) déboulent, bustes bombés reins cambrés, dans un tournoiement de jupons.

Il y a quelques jours, sur une route dans les sierras, des militaires embusqués nous arrêtaient, et fouillaient notre brave Combi VW. Un grand gaillard, posant son arme sur la banquette arrière et s’apprêtant à mettre ses pattes suintant la graisse à fusil dans la lingerie de Françoise, je l’interrompis d’un brusque : No toca a la ropa de mi mujer ! Il se retira, non sans jeter un regard concupiscent à ladite mujer, stoïque à l’avant. C’était la drogue, déjà, objet de la chasse des forces de l’ordre. La situation sur ce point n’a guère changé; s’y est ajoutée la criminalité. CARTO (no. 47, mai-juin 2018), livre un article : « Mexique : qui pourra arrêter la violence des cartels ? ». Guanajuato est sous l’emprise du CJNG – Cartel de Jalisco Nueva Generación. On attribue à ce gang, qui sévit du Golfe du Mexique à la Côte Pacifique, le score de 11’000 homicides volontaires sur les 25’000 enregistrés en 2017. Et personne n’est épargné, les femmes paient un lourd tribut à cette horreur.

Nous ne pourrions pas refaire, dans les mêmes conditions, cette partie de ce long voyage de 1975. Dans son récent ouvrage (« Saisons du voyage ». Stock. 2018) Cédric Gras, talentueux autant que sentencieux, nous dit : « (…) Il faut regarder le monde en face, droit dans les yeux. Ou bien l’on ne pratique pas le voyage, car c’est l’ailleurs et non le passé qui en forme l’objet.(…) ». Bon, d’accord, mais on peut tout de même avoir des regrets.

Plus loin, Gras dit encore : « Ecrire est la conclusion du voyage, une manière de s’en débarrasser en le refourguant aux autres. On se raconte son histoire pour mieux la digérer. On reprend le déroulé, parfois des décennies après. Pour ne pas affliger le lecteur, on fait des impasses, on met bout à bout les fulgurances, on recolle l’archipel du bonheur en enfilant les quelques perles de ses tribulations. (…) »

Ce blog, c’est un peu ça, non ? Mais qu’est-ce qu’il écrit bien, Cédric Gras.

Et si vous êtes las de ce bla-bla, allez voir des images sur : Roland Meige Photographie

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