Mont Athos

Καλό Πάσχα / Счастливой Пасхи !

Joyeuses Pâques aux Orthodoxes, d’ici et d’ailleurs !

L’opportunité de vous signaler l’édition d’une brochure illustrée, réalisée dans le cadre des activités de la Société de Géographie de Genève :

Mont Athos
Pérégrinations architecturales
Roland Meige

Au Mont Athos, la Montagne Sacrée des Orthodoxes, un monde à part.
Une partie reportage très largement illustrée de photos couleurs, avec plans et cartes, suivie d’un récit de voyage détaillé.
66 pages format A4 oblong, impression recto-verso professionnelle.
Edition d’auteur hors commerce, tirage limité.
Vente au prix coûtant de CHF 25 / EUR 30, frais d’envoi compris.
Commande : grandgeocoucou@bluewin.ch

Tembo !

Queen Elizabeth National Park, Ouganda / 0°12’S 30°0 E / 2001 Il y a juste 20 ans, vendredi 26 janvier 2001, sous l’Equateur. Carnet de voyage, extrait : (…) Levés à 0530, early morning tea et départ en Game Watching. Alex au volant du Land Cruiser, un ranger armé à son côté. Ils communiquent en swahili, le ranger cherche avec acharnement le lion signalé depuis plusieurs jours autour de la lodge. Il pointe le doigt à droite : – Tembo, annonce-t-il à voix basse. On s’arrête, je sors de la voiture derrière Alex, nous sommes à une quarantaine de mètres d’un impressionnant troupeau d’éléphants sortant d’un épais massif boisé. Gris sombre, bien propres, superbes défenses. Les petits protégés par les femelles adultes, elles les encerclent, manifestent des signes de nervosité, barrissent. Nous regagnons à reculons en souplesse la voiture et sa carrosserie de mince tôle japonaise, just in case. Un superbe moment de nature primaire. (…)
Au point de vue écriture, il y a mieux, forcément. Joseph Kessel, dans La Piste fauve – III Hommes étranges et bêtes sauvages, au parc Amboseli, Kenya, 1953 :
(…) Soudain, l’un des rangers, le plus jeune, presque un adolescent, murmura : – Tembo. Et indiqua du doigt l’une des clairières les plus éloignées. – Il a vu un éléphant, dit Taberer. Puis il s’écria : – Oui, …deux…trois…six…Regardez ! (…) La joie de surprendre une vie monumentale, de rompre l’interdit majeur, et partager l’univers de puissance et d’innocence de bêtes fabuleuses. Les stries de leur peau remuaient sur la masse des muscles. L’ivoire brillait. Les oreilles se développaient comme des cerfs-volants. (…)
La Piste fauve regroupe des reportages pour France-Soir que Kessel effectue en 1953 en British East Africa. C’est la période des exactions Mau-Mau, qui sera déterminante pour l’indépendance du Kenya. Le sujet que Kessel propose à Pierre Lazareff pour le convaincre de l’envoyer en Afrique orientale. Evidemment, il porte son regard plus loin, et écrit de formidables récits.

De notre côté de la petite histoire, nous nous trouvons en 2001 en Ouganda alors que la campagne électorale bat son plein pour le second mandat de Museweni, successeur du sanguinaire Amin Dada. Traversant au pas des localités de province en liesse, je me verrai affublé de la casquette jaune, du parti de l’incontournable candidat à sa propre succession.

Il y a 10 jours, le 16 janvier 2021, Yoweri Museweni a été réélu pour un sixième mandat présidentiel consécutif, à 76 ans et 35 ans au pouvoir, au terme d’une campagne qui a fait quelques dizaines de morts. Son sobriquet, pour ses opposants, c’est « The Old Man With the Hat ». Après le béret du maquisard, Museweni a rapidement adopté un imposant chapeau à large bord, déclinaison chic du chapeau de brousse des King’s African Riffles, qui est de type, si je ne fais erreur,  Slouch hat.

Where Are The Glaciers ?

Skagway, Alaska, USA / 59°56’N 135°91’W /1992
(…) De retour sur le pont supérieur où il fait franchement froid, un grand gaillard à l’accent du deep south me demande :  » Where are the glaciers ? « . Je tente une explication simple, pour un système orographique complexe, la tête nord de l’épais massif des Chugach Mountains (…).

 » Les vents de Vancouver « , de Kenneth White, fil conducteur de ce récit de « voyage touristique », lui donnant le sel dont il aurait, sans cela, cruellement manqué. Kenneth White, inventeur et gourou de la géopoétique, et cet ouvrage certainement le plus facile d’accès, à la lecture plaisante.

Lire l’article : Where Are the Glaciers ?

Last Days / Memorial Day

Gloucester, Massachusetts, USA / 42°37’N 70°40’W / 1992
Au hasard de la route, la mythique Interstate 95, ce cordon ombilical qui nous relia un temps à notre port d’attache Alexandria VA, et dont nous revenons de sa tête nord.
Un 25 mai, Memorial Day, sur un petit port de la côte nord atlantique.(…)
Lire l’article :  Last Days / Memorial Day

C’est à une petite vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau à l’ouest de cette Interstate 95, à la hauteur de Waterville, Maine 44°54’N 69°73’W , et à peine trois heures en voiture de Boston, Massachussets, que Christopher Knight, en 1986, se retira du monde. Pendant près de 30 ans, sans être découvert. Le sujet de l’ouvrage  « Le dernier ermite », de Michael Finkel. Sa lecture donne à réfléchir sur la nature humaine, ses capacités mentales comme physiques, et sur la société évidemment. Aux USA, la possibilité d’évasion – en l’occurence extravagante –  qu’offrent les vastes espaces sauvages, à quelques heures de voiture des agglomérations anxiogènes, constitue, vraisemblablement, un « déterminisme géographique » dans le subconscient de leurs habitants. Enfin, c’est l’une des idées que je me suis faites de cet Extrême-Occident. 

Happy Few

Boston, Massachusetts USA /42°21’N 71°03’W /1992
(…) Le vert lumineux du gazon bute contre la façade de briques rouges de l’un des vénérables édifices répartis autour de cet espace central, planté de quelques-uns des vieux noyers qui ont donné leur nom à la plus haute colline des alentours de Boston. Et puis, cheminant par deux, une file de personnages longe l’étroit chemin dallé en pied de façade, avant d’obliquer à quatre-vingt dix degrés dans l’axe de la tente; l’entrée des Deans, les doyens, instant solennel. (…)
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Hoggar

Tamanrasset, Algérie / 22°27’N 4°57’E / 1987
 » Le Hoggar, but premier de ce voyage, que l’on voulait approcher après l’aperçu du Tassili n’ Ajjer en 1971 (voir « Algérie, Oh ! Algérie ! »). Régions voisines, à l’échelle du Sahara « plus grand désert du monde ». Le Hoggar est aussi vaste que la France  » (…)
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Monts Bagzane

Tabelot, Aïr, Niger / 17°61’N 8°93’E / 1987
Virée dans l’Aïr, en catimini. Magnifique région, d’accès déjà compliqué à l’époque du voyage, et actuellement totalement inaccessible. Fief historique de la rébellion touareg au Niger, sur laquelle est venu se greffer, récemment, le chancre du djihadisme saharien.

Takouba
Le, ou la takouba, si l’on parle « sabre » ou « épée », est l’arme ancestrale, emblématique touareg. On croit savoir que l’Armée française va nommer « Takouba » sa prochaine opération au Sahel. On ne sait comment la chose sera perçue localement par les fiers Touareg – qu’ils soient sur dromadaire ou pick-up Land Cruiser.

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Tonlé Sap, derniers jours

Siem Reap, Cambodge / 13°34’N 103°72’E / 2003
Lundi dernier 16 septembre 2019, le site du Phnom Penh Post mettait à la Une un article titré :
 » The Point of No Return » à propos de la dégradation environnementale, irrémédiable, du Tonlé Sap, constatée de manière scientifique.
Nous en avions eu un aperçu avant-coureur en 2003 déjà.

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Bénarès / portfolio

Varanasi -Bénarès, Uttar Pradesh, Inde / 25° 18′ N 82° 59′E / 1982

Au hasard, dans Bénarès

 (…) Il règne à Bénarès une ambiance de méditation et de prière qui vous porte, comme disent les Sages de la petite maison du silence; c’est vrai ce qu’ils affirment, que même après un court séjour on n’est déjà plus celui qu’on était à l’arrivée. Et pourtant nulle part la fantasmagorie de ce monde n’est plus charmeuse; nulle part la forme n’est plus troublante, ni la chair plus tentatrice; entre l’appel d’en bas et l’appel d’en haut, il y a lutte et déséquilibre. (…) Presque toutes les rues viennent aboutir au Gange, et là, elles s’élargissent, elles s’éclairent; là, c’est tout à coup la magnificence, les palais, la lumière des flots. (…) Ce fleuve, c’est toute la raison d’être, toute la vie de Bénarès. Du fond des palais ou des jungles, de partout, on vient pour mourir sur ces bords sacrés. (…) Oh ! Mourir à Bénarès ! Mourir au bord du Gange, avoir là son cadavre baigné une suprême fois, avoir là sa cendre jetée !… »

Pierre Loti. L’Inde (Sans les Anglais).
in : Pierre Loti. Voyages (1872-1913). Bouquins. Laffont. Paris, 1991

Marche à l’ombre à Bénarès

(…) Quand il fait aussi chaud, le monde dont les cartes, les guides touristiques et les récits des voyageurs attestent pourtant l’existence, se liquéfie, très loin, faute que l’esprit puisse le coaguler; se dérobe, faute d’aspérités auxquelles s’accrocher pour saisir, comprendre – mais comprendre quoi ?
Il lui manque le poids, la découpe précise et assurée que confère aux objets l’air himalayen soufflé mécaniquement dans les hôtels, et sans lequel le réel abdique toute consistance.
Je n’ai rien entendu, rien compris de Bénarès. Ni ce que je voyais, ni ce qu’il fallait voir, ni ce que pensaient les gens, ni même où ils allaient quand ils marchaient dans la rue, ni ce qu’ils voulaient dire en répondant à tout, contre toute évidence : « No problem », ni s’il n’y a pas de problème parce qu’il n’y a pas de solution, comme le soutenait Marcel Duchamp, ou bien pas de solution parce qu’il n’y a pas de problème, ni rien du tout en fait.
J’ai simplement eu chaud, et tout de suite encore le papier se gondole sous ma main. Mais ça va mieux, l’univers reprend forme, pour mieux tromper son monde.
Un sage bouddhiste l’a dit : « Toute n’est qu’illusion, seul l’air conditionné est réel.(…)

Emmanuel Carrère. Marche à l’ombre à Bénarès 1986
in : Emmanuel Carrère. Faire effraction dans le réel. P.O.L. Paris. 2018

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Kondovan / portfolio

Kandovan, Azerbaïdjan oriental, Iran / 37°47’N 46°14’E / 2008
Au cœur de l’Azerbaïdjan oriental iranien, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Tabriz, se cache, dans la face d’une falaise de basalte du Sahand, Kondovan, village troglodyte.
Les premières grottes habitées remonteraient à un bon millier d’années. L’eau de la rivière qui serpente au pied de la falaise est réputée pour ses qualités curatives, le lieu est fréquenté par les habitants de Tabriz.

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Au fil du Danube

Vienne, Autriche / 48°22’N 16°31’E / 2010

Postface 28 juin 2019

Il y a un siècle jour pour jour, aux termes de la Première guerre mondiale, on signait le Traité de Versailles, scellant le démantèlement des grands empires européens, ainsi que l’ottoman. Acte politique considérable, aux conséquences en cascade, qui ne sont pas terminées à ce jour : voir l’état des lieux en Europe centrale, en Turquie et au Proche-Orient.

François Fejtö (1909-2008) publia une analyse détaillée des conditions du démantèlement de l’Empire austro-hongrois : Requiem pour un empire défunt (1988, rééditions 1993 et 2014). Pour ce grand connaisseur, d’origine hongroise, l’Empire austro-hongrois ne s’est pas effondré sur lui-même, il a été détruit par les vainqueurs de la Grande guerre. Prenant le contre-pied des idées dominantes à l’encontre de la «double monarchie», on lit quelque part dans sa conclusion :

(…) L’espace qu’on recommence à appeler timidement «Mitteleuropa» (…) porte la marque de quatre siècles de domination, parfois brutale, mais souvent éclairée, des Habsbourg, lesquels réussirent à créer une administration qui, malgré ses tares et son bureaucratisme excessif, fonctionna depuis Prague et la Galicie jusqu’en Bosnie-Herzégovine. Un espace économique unifié, urbanisé, un creuset de peuples qui, en se mariant entre eux et en se détestant, en s’assimilant ou en s’opposant, créèrent une culture diversifiée (…)

C’est bien cette « unité dans la diversité » qui domine dans ce que l’on voit et comprend à travers les pays parcourus au Fil du Danube, lors  de ce voyage en 2010. L’évolution des frontières et des régimes politiques au cours de ce dernier siècle n’a pas gommé cette impression générale, une région, vaste, qui partage une longue histoire commune.
Lire le reportage :  Au fil du Danube

Nerekhta-les-Chambranles

Nerekhta, oblast de Kostroma, Russie / 57°27’N 40°34’E / 2017
(…) Longue balade dans les ruelles de terre de cette bourgade assoupie, arrêts devant ces gentilles maisonnettes, souvent de guingois, et les décors de leurs entourages de fenêtres. (…) Rencontre avec le maire, sur le site du monument aux morts de la Grande Guerre Patriotique. Il est flanqué de son adjoint aux travaux publics. On prépare le goudronnage de quelques rues, comme on nettoie la rivière. Le maire est guilleret, sa ville devrait être officiellement incorporée à «L’Anneau d’Or». Arrivée envisageable de touristes, des activités en vue, peut-être.
Lire l’article : Nerekhta-les-Chambranles

Ricardo Rangel

Maputo, Mozambique / 25°53’S 32°36’E / 2009
(…) Figure tutélaire du photojournalisme au Mozambique, et peut-être en Afrique en général, que Ricardo Rangel aborde dès le début des années 1950. Il est le premier employé non blanc, engagé comme photographe du journal Noticias de Tarde. Jusqu’à la fin des années 1960, il travaillera pour les principaux journaux du pays, entre Beira et Lourenço Marques. En 1970, il participe, avec quatre journalistes mozambicains, à la fondation de l’hebdomadaire Tempo, premier périodique en couleurs du pays, et, aussi, l’organe de l’opposition à la colonisation portugaise. Au cours des années qui suivent, Rangel documente très largement le développement de l’opposition, la lutte pour l’indépendance, la guerre. Il est la cible de la PIDE, la tristement célèbre police politique du Portugal. Nombre de ses photos sont saisies et détruites. Après l’indépendance, la Guerre civile, autre et vaste thème (…)

Lire l’article : Ricardo Rangel

Dix ans jour pour jour après cette belle rencontre (le 5 mai 2009) , et près de trente ans depuis la fin de la guerre civile ( 900’000 morts – 5 millions de déplacés), ce vaste pays africain n’a pas encore trouvé la voie de son développement; il figure au 180e rang mondial de l’IDH – Indice de développement humain. La Chine fait main basse sur les terres arables, et des cyclones d’une rare intensité ont récemment dévasté un large pan du pays.

Gaz russe / portfolio

Pereslavl-Zaleisski, oblast de Iaroslav, Russie / 56°44’N 58°50’E / 2017
A travers tout l’espace ex-soviétique, dans les campagnes et les anciens quartiers, le gaz domestique, le « gaz de ville » de chez nous, est distribué par des conduites hors sol.
Comme une résille d’improbables parcours de tuyaux, peints en jaune, couleur normalisée pour le fluide qu’ils contiennent. Russie, monde à part. Et pourquoi pas ?

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L’abâ de l’Ayatollah

Shiraz, Fars, Iran /  29°66’N 39°29’E / 2008
Nain, Ispahan, Iran / 33°56’N 52°87’E /2008
(…) Premier signe, le turban, noir; c’est donc un sayyid, un ci-devant descendant de la famille du Prophète. Et une prestance intimidante. Turban soigneusement enroulé et ajusté sur la tête tenue haute, dos droit tant que faire se peut selon l’âge. Et cette lente démarche à pas mesurés, assurant, imperceptiblement, le déploiement des pans de la cape, l`abā.(…)
Lire l’article : l’abâ de l’Ayatollah

Khartoum

Khartoum, Soudan / 15°38’N 32°32’E / 2001-2002
La lecture de « Dans Khartoum assiégée » d’Etienne Barilier ( Phébus, Paris. 2018 ) m’incite à exhumer cet article resté en jachère. Quelques moments dans Khartoum la poussiéreuse, l’assoiffée, passant d’une officine à l’autre. Je ne peux me départir de superposer au visage de Gordon Pacha, Charles George Gordon (1833-1885), celui de Mr David H., fils du dernier gouverneur du Darfour. Peut-être cette lueur de mysticisme au fond du regard bleu.
Février 2019, le Soudan revient ces jours sous les flashes de l’actualité. C’est l’entier du troisième plus grand pays d’Afrique qui est maintenant concerné.
Lire l’article :  Khartoum

Cités perdues

Tikal, Guatemala / 17°1’N 89°37’W / 1975
Angkor, Cambodge / 13°24’N 103°52’E / 2003
(…) Situées quasi sous la même latitude, mais à un peu plus de la moitié de la terre en longitude, deux civilisations brillantes, les Mayas et les Khmers, vont se développer puis disparaître rapidement, englouties par le milieu végétal de jungles épaisses.
(…) Tant pour les Mayas que pour les Khmers, les facteurs qui ont conduit à la disparition rapide de leurs empires sont divers, et peut-être d’ailleurs pas encore tous envisagés. Mais il en est un certain, dans les deux civilisations, c’est la surexploitation des ressources naturelles, avec d’inéluctables conséquences naturelles et politiques.(…)

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Caño Negro / portfolio

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Caño Negro, Tortuguero, Costa Rica / 10°54’N 83°51’W / 2014

(…) Al cabo de algún tiempo de navegación en aquel caño secreto, se producía un fenómeno parecido al que conocen los montañeses extraviados en las nieves : se perdía la noción de la verticalidad, dentro de una suerte de desorientación, de mareo de los ojos. No se sabía ya lo que era del árbol y lo que era del reflejo. No se sabía ya si la claridad venía de abajo o de arriba, si el techo era de agua, o el agua suelo; si las troneras abiertas en la hojarasca no eran pozos luminosos conseguidos en lo anegado. Como los maderos, los palos, las lianas, se reflejaban en ángulos abiertos o cerrados, se acababa por creer en pasos ilusorios, en salidas, corredores, orillas, inexistentes. Con el trastorno de las apariencias, en esa sucesión de pequeños espejismos al alcance de la mano, crecía en mí una sensación de desconcierto (…)

 Alejo Carpentier. Los pasos perdidos. 1988.