USA – La boucle bouclée

Crater Lake, Oregon USA / 42°56’N 122°07’W / 1992
De Seattle WA à Arcata CAL et retour, pour en finir avec les USA.
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© James Tallon


Slow Down Roadrunner !

Le Grand Geocoucou s’essouffle.
Le rythme de parutions va ralentir.
Je retire du pinboard cette image du roadrunner / grand geocoucou.
Cette carte postale m’avait été envoyée de Californie par Catherine Rouge – Meige; elle était l’auteure, quelques décennies auparavant, du logo Grand Geocoucou.

Where Are The Glaciers ?

Skagway, Alaska, USA / 59°56’N 135°91’W /1992
(…) De retour sur le pont supérieur où il fait franchement froid, un grand gaillard à l’accent du deep south me demande :  » Where are the glaciers ? « . Je tente une explication simple, pour un système orographique complexe, la tête nord de l’épais massif des Chugach Mountains (…).

 » Les vents de Vancouver « , de Kenneth White, fil conducteur de ce récit de « voyage touristique », lui donnant le sel dont il aurait, sans cela, cruellement manqué. Kenneth White, inventeur et gourou de la géopoétique, et cet ouvrage certainement le plus facile d’accès, à la lecture plaisante.

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Last Days / Memorial Day

Gloucester, Massachusetts, USA / 42°37’N 70°40’W / 1992
Au hasard de la route, la mythique Interstate 95, ce cordon ombilical qui nous relia un temps à notre port d’attache Alexandria VA, et dont nous revenons de sa tête nord.
Un 25 mai, Memorial Day, sur un petit port de la côte nord atlantique.(…)
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C’est à une petite vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau à l’ouest de cette Interstate 95, à la hauteur de Waterville, Maine 44°54’N 69°73’W , et à peine trois heures en voiture de Boston, Massachussets, que Christopher Knight, en 1986, se retira du monde. Pendant près de 30 ans, sans être découvert. Le sujet de l’ouvrage  « Le dernier ermite », de Michael Finkel. Sa lecture donne à réfléchir sur la nature humaine, ses capacités mentales comme physiques, et sur la société évidemment. Aux USA, la possibilité d’évasion – en l’occurence extravagante –  qu’offrent les vastes espaces sauvages, à quelques heures de voiture des agglomérations anxiogènes, constitue, vraisemblablement, un « déterminisme géographique » dans le subconscient de leurs habitants. Enfin, c’est l’une des idées que je me suis faites de cet Extrême-Occident. 

Happy Few

Boston, Massachusetts USA /42°21’N 71°03’W /1992
(…) Le vert lumineux du gazon bute contre la façade de briques rouges de l’un des vénérables édifices répartis autour de cet espace central, planté de quelques-uns des vieux noyers qui ont donné leur nom à la plus haute colline des alentours de Boston. Et puis, cheminant par deux, une file de personnages longe l’étroit chemin dallé en pied de façade, avant d’obliquer à quatre-vingt dix degrés dans l’axe de la tente; l’entrée des Deans, les doyens, instant solennel. (…)
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Timberland

Quinault, Washington, USA /  47°46’N 123°85’W / 1992

 


A chaque fois que l’actualité fait état de quelque dévastation forestière, il me revient en mémoire ce parcours sur la US Highway 101. Parce que c’est réconfortant, une vaste région où se conjuguent, de manière équilibrée, activités humaines et protection de l’environnement.

C’est donc la production raisonnable du bois d’œuvre que je veux évoquer, dans la vision de ce « développement durable » que l’on brandit dorénavant en permanence (un bel oxymore pour les plus intransigeants des écolos), et non pas mes vieux mocassins à lacets de cuir que voulait m’acheter un type à Nairobi ( « Brother, how much for your Timber’ ? »).

Quittant, direction sud, la conurbation Seattle – Tacoma, WA, la zone de SEA-TAC Airport, son imbroglio de routes de toutes catégories, il faut poursuivre jusqu’à Olympia. Là, à l’échangeur de la Interstate 05, vous visez, en remontant, la US 101 : c’est sa tête nord. Les cartographes spécialistes des cartes routières sont d’une rigueur admirable. Cette route, mythique, longe, au plus près, toute la côte Pacifique des USA depuis Los Angeles. Ils auraient pu marquer la fin de cette route à Aberdeen, laissant à part cette péninsule en cul-de-sac. Non, la US Highway 101 en fait le tour, pour se terminer à Olympia City, WA.

L’Olympic Peninsula, ce sont environ 10’000 km2 – un quart de la Suisse – un trapèze compact entouré des eaux de l’océan Pacifique sur son flanc ouest, le Détroit Juan de Fuca au nord, et le Hood Canal à l’est. Quasi au centre, le Mount Olympus 2’432 m., cœur du Olympus National Park, qui s’étend sur 3’800 km2. Et autour, des espaces où les activités humaines peuvent s’exercer : prédominantes, la sylviculture, et l’industrie du bois qui s’ensuit. Tout se fait sous le contrôle coordonné des autorités qui régissent tant les parcs nationaux que les forêts. Dans divers Information Stations & Visitors Centers, le US Forest Service et le National Parks Service exposent enjeux et stratégies communes. Comme toujours aux USA, c’est parfaitement documenté, clair, et attractif.

Le long de la route, des panneaux indiquent l’état des forêts que l’on traverse, les étapes de leur vie, des « récoltes » espacées généralement de 50 ans pour les essences communément « cultivées ». Après les espaces d’extraction des billes – on ne va pas sur les logging camps, interdit au public, trop dangereux – que l’on voit défiler sur d’énormes semi-remorques, ce seront, à l’orée des basses forêts, les premiers chantiers de transformation de la matière première, les scieries et shakes mills.

C’est de là que l’on pourvoit la construction en produits de charpente et menuiserie aux dimensions très rationnelles – la construction en bois en Amérique du nord repose sur des principes plus économiques qu’en Europe – et les traditionnels shakes & shingles, ces bardeaux de bois de belle allure.

« Forests For The Future », « The Renewable Resource », « Forest makes jobs », ce sont des slogans que l’on voit sur des dépliants. La filière bois aux USA est un secteur important de l’économie nationale. Et on sait que l’industrie du bois, compte tenu des nouvelles applications qui se développent et de ses qualités éminemment écologiques, a un beau potentiel de développement. Inspirant. Concernant la protection contre les incendies, risque majeur pour les forêts sur l’ensemble de la planète, le US Forest Service a lancé, dès 1944, une intense et suivie campagne de sensibilisation, devenue très populaire par la figure de Smokey Bear, l’ours ranger.

En fin de cette belle journée, gonflés d’effluves de sèves vivifiantes, charmante étape à Lake Quinault, sa lodge historique classée, construite en 1926, méticuleusement entretenue. Pour revenir à nos sympathiques cartographes du siècle passé, non, Quinault, tout exotique que soit son nom dans ces parages, et bien qu’il s’agisse d’une unincorporated community au sens du US Survey, n’est pas l’un de ces Copyright Traps, villes imaginaires, qu’ils se plaisaient à glisser subrepticement dans leurs dessins, tels que les décrits Olivier Hodasava dans « Une ville de papier » (Edit. Inculte, 2019).