Les églises-dépôts de Novgorod

Veliki Novgorod, oblast de Novgorod, Russie / 58°31’N 31°17’E / 2016
Mentionnée dans des chroniques nordiques dès le IXe siècle, à l’époque des Varègues, Novogorod est considérée comme la plus ancienne cité russe. Elle devient dès le Xe siècle une cité importante sur la route commerciale entre la Baltique et l’Empire byzantin. Au XIIIe siècle, Novogorod devient membre de la Ligue hanséatique, ce premier Marché commun européen. Elle en est l’un des quatre comptoirs principaux, celui situé le plus à l’est, et le seul à ne pas être un port maritime. L’accès est compliqué, du Golfe de Finlande via la Neva, le Lac Ladoga, et la Volkhov. Cet éloignement impose une gestion particulière du comptoir. Dans un pragmatisme tout nordique, le comptoir mêle fonctions religieuses et commerciales. Dans un périmètre restreint, une dizaine d’églises témoignent de ce qui constituait le « centre commercial » de la cité. Les églises sur deux niveaux sont courantes en Russie, le niveau inférieur étant l’église d’hiver, plus facile à chauffer, le niveau supérieur celle d’été. La particularité de Novgorod est que les niveaux inférieurs, partiellement enterrés, étaient des dépôts de marchandises.
La ville est tombée aux mains des nazis en août 1941, l’Armée rouge la libère en janvier 1944. Les destructions ont été considérables. De ce qui a été reconstitué à ce jour, on voit des églises élancées, organisées sur des plans compacts, dans une certaine rationalité architecturale.
Une « Nouvelle Hanse » a été créée dans les années 1980. Elle regroupe 187 cités, dans 16 pays. L’Europe du Nord, son pragmatisme. http://www.hanse.org/en/

 

Damas – Wadi Rum – Aqaba

Wadi Rum, Jordanie / 29°40’N 35°27’E / 1994
(…) Pleine lune, spectacle intense. Nous préparons la voiture pour la nuit.(…)  Mafleh regarde attentivement l’aménagement du véhicule, les matelas autogonflants. Il est surtout intrigué par les sacs de couchages, et pose des questions : « One sleeping bag for each, or together in one sleeping bag ? » On comprend bien que l’intimité d’un jeune couple ne soit pas parfaite dans la tente familiale multigénérations. Nous nous couchons, portes arrières ouvertes, face aux silhouettes fantasmagoriques des djebels sous la lune. De la tente voisine, celle de la belle-famille, parviennent les échos d’une TV alimentée par un générateur (…)

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Samarcande-hors-les-murs

Samarcande, Ouzbékistan / 39°39’N 66°57’E/ 2013
(…) Et les touristes arrivent, en groupes, en autocars; les groupes se suivent, il faut parquer les véhicules. Il faut de la place, que l’on a créée en taillant massivement dans l’ancien tissu urbain. Ces vieux quartiers, denses, à l’habitat serré fait de maisons basses introverties sur leurs cours, synthèse organique d’Orient et de Vieille Russie. Des ruelles aux tracés définis par le palimpseste d’anciens parcellaires, suivant aimablement le relief, il n’y a pas partout le goudron. Des parcours pleins de surprises. Les traditionnels tuyaux de gaz, jaunes quand ils sont repeints, familiers à tout l’univers ex-soviétique font fil conducteur (…)

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Un peu d’Anatolie

Anatolie, Turquie / Ankara 39°56’N 32°51’E / 1994
La steppe, image dominante de l’Anatolie. Des horizontales entrecoupées de quelques modestes élévations tabulaires. Des rideaux de peupliers, quelques bosquets autour des bourgades, et de vastes surfaces dévolues à l’agriculture.

Les somptueux déploiements du külliye de Battal Gazi, à Seyitgazi, province d’Eskisehir, Anatolie centrale. Construit entre les XIIIe et XVIe siècles, au meilleur de l’architecture ottomane.

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Hadramaout, aux franges du Quart-Vide

Say’un, Yémen / 15°58′ N 48°46′ E / 1999
(…) il y a entre les djebels, des wadi, de l’eau, la vie y est possible. Nous n’étions pas certains de pouvoir y aller. C’est, après le nord du pays inaccessible, la seconde région à la sécurité aléatoire. Au moment de ce voyage, nous profitons d’une fenêtre d’accalmie, où l’on peut, moyennant demande officielle, paperasse et escortes diverses, accéder à la région. C’est tout l’est du Yémen, la frontière avec l’Arabie saoudite n’est tracée que par deux traits sur les cartes (…).
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Thessalonique, millefeuille historique

Thessaloniki, Grèce / 40°38’N 22°56’E / 2015
Derrière l’image actuelle d’une banale ville euro-balkanique, Thessalonique est un extraordinaire millefeuille historique. Macédonienne, romaine, byzantine, ottomane, grecque, les strates de l’histoire s’empilent sur son territoire. La Rotonde Saint-Georges est exemplaire. Temple de Zeus des Romains, transformée en église chrétienne vers 411, reconvertie en mosquée en 1590, et devenue l’Eglise Saint-Georges en 1912. Endommagée par le tremblement de terre de 1978, des archéologues sont toujours au travail, grattant ses entrailles.
Thessalonique fut souvent le lieu des événements qui ont marqué l’histoire de la Grèce moderne. Par exemple, l’assassinat en 1963 de Grigoris Lambrakis, résistant, député de gauche, médecin et professeur à l’Université d’Athènes. L’événement inspira le livre (Vassilikos 1966) et le film-culte « Z » (Costa-Gavras 1969).
Thessalonique, à la couture Orient/Occident, haut lieu de l’orthodoxie, où l’on boit du café turc – oh ! pardon, de l’ ελληνικός καφές / helleniko café.

Lire l’article : Marathon à Thessaloniki

Les pigeonniers d’Ispahan

Khatoonabad, Iran / 32°39’N 51°47’E / 2008
De vastes plaines cultivées s’étendent à l’est d’Ispahan, jusqu’aux premiers reliefs de la chaîne des Karkas. De larges parcelles, délimitées par les canaux d’irrigation, longés d’étroits chemins, organisation ancestrale du territoire. Aux jonctions des parcelles, carrefours des chemins, s’élèvent encore des pigeonniers. Belles tours d’une dizaine de mètres, elles datent de l’époque safavide (XVIIe siècle), l’âge d’or d’Ispahan. La littérature nous dit qu’il y en eu près de 3’000, et que chacune pouvait contenir environ 5’000 nids, et 14’000 pigeons.

Jebel Haraz, Yémen

Al Hajjarah, Yémen / Manakha 15°4’N 43°44’E / 1999
(…) Le foundouk est à l’entrée du village, cube parfait en équilibre au bord du socle rocheux. On nous installe sur l’étroite terrasse aménagée contre la façade latérale, traditionnel repas d’accueil. Un galopin sort un pistolet d’un chiffon graisseux, il me l’offre pour 200 USD. Je luis ris au nez, arguant que c’est le prix d’une kalach’ au souk (…).

Lire tout l’article : Jebel Haraz

Sana’a

Sana’a, Yémen / 15°22N 44°11’E / 1999
A la fin du tournage au Yémen de Il Decameron, Pasolini filme Sana’a, pour un court reportage qu’il produit dans une première version en 1971, en forme d’appel à l’UNESCO pour la préservation de la ville.
Sana’a est portée sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1986, classée « Valeur universelle exceptionnelle ».
12 juin 2015, la vieille ville de Sana’a subi des bombardements. Extrait du communiqué de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova: (…) Les bâtiments résidentiels historiques, les monuments, les musées, les sites archéologiques et les lieux de culte n’ont pas été épargnés. La valeur historique et la mémoire de ces sites a subi des dégâts irréparables quand elle n’a pas été totalement détruite. »
Le Monde, 13 juin 2015 : « Depuis la fin mars, l’Arabie saoudite bombarde les rebelles houthis chiites (…) où qu’ils soient. Sans se soucier de la valeur historique, patrimoniale et millénaire des sites visés. (…) La capitale Sana’a n’est pas épargnée. »

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L’improbable coalition de pays arabes constituée pour l’opération Tempête décisive ne serait pas opérationnelle sans les armes, les appuis techniques et logistiques de puissances occidentales. Complicité de barbarie.
Lire l’article : Au Yémen : Sana’a, d’abord

Lac Kivu, côte rwandaise

De Ciangugu à Kibuye, Rwanda / Kibuye 2°3′ S 29°21′ E / 01.2001
(…) Côte accidentée, escarpée, au contour dentelé d’innombrables anses, criques et golfes. La piste est de ces anciennes voies de déplacements tracées naturellement par les piétons et leur bétail, elle suit les accidents de terrain au plus près – il n’y a pas de ponts -, elle est, à distance, quasi invisible dans le paysage (…).
Lire tout l’article : Lac Kivu, côte rwandaise
Voir aussi : Visite aux cousins

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Vers Gao, vers Le Fleuve

Algérie, Mali / Gao 16°15’N 0°1’W / 1989
D’ Oran, Algérie à Gao, Mali, par la piste du Tanezrouft
(…) Soudain quelques loupiottes, puis quelques cases; le poste avancé de la gendarmerie, avant Gao. Accueil sec par un gros malabar en treillis, son bide rempli toute la fenêtre de la voiture. Il tamponne les passeports une lampe électrique dans la bouche, un transistor autour du cou. Dans des grésillements, on entend que Ceausescu, le Conducator roumain, vient de tomber; nous sommes dans la nuit du 23 décembre 1989. Gao la nuit, ce n’est pas Time Square, on s’égare. Guidés pour atteindre l’hôtel Atlantide. Etape mythique, obligée, l’Atlantide de Gao (…).

Lire tout l’article : Vers Gao, vers Le Fleuve

Népal

Vallée de Katmandou / Katmandou 27.7000 N 85.3330 E / 1982, 2002, 2003
Le séisme violent qui a frappé le Népal soulève trois questions concernant le pays, qui peuvent être extrapolées à de nombreux pays en développement.
Dimension humaine : une catastrophe naturelle aux conséquences désastreuses, amplifiées par la médiocrité des infrastructures, habitat, salubrité, santé, communications. Syndrome de la pauvreté endémique, sur fond d’instabilité politique.
Patrimoine : la perte certainement irrémédiable des traces vivaces d’une société urbaine, « le monde Newar », qui s’est développée entre les XIIIe et XVIIIe siècles dans la Vallée de Kathmandou. Au delà des monuments emblématiques, c’est tout un habitat, une architecture civile, un urbanisme, cohérents et habités, qui disparaîssent. On n’imagine pas que ces ensembles puissent être reconstruits à l’identique.
Tourisme : que faisaient ce millier de gens sur les pentes de l’Everest ? L’aberration des « expéditions commerciales », tourisme de masse pour clientèle aisée, dans un milieu des plus hostiles, d’accès problématique. Depuis plusieurs décennies, des voix diverses en déplorent la folie. Mais il y a de l’argent en jeu, « l’industrie touristique » dominante dans le pays.

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Voir aussi : Fin de journée à  Bungamati

Kâshân, le bazar

Kâshân, Iran / 33.9850 N  51.4099 E / 2008
Kâshân, une cinquantaine de kilomètres au nord de Natanz.
Atmosphère d’ Orient immuable au bazar, là aussi une coupole à muqarnas, mais revêtue de faïences – Kâshi, en persan, dérive du nom de la ville. L’une des traditions de cette oasis réputée, ou, aussi, l’on distille l’eau de rose.
A quelque distance hors de ville,
Shah Abbâs 1er (1587-1629)  fit construire  l’élégant Bâgh-e Fin, l’un des plus célèbres jardins d’Iran, d’une surprenante « modernité » de dessin;  on y trouve son très modeste tombeau, une pierre tombale noire.
Et il y a encore cette brochette de maisons patriciennes, vastes demeures de la bourgeoisie commerçante datant de la fin de la longue dynastie Qâjâr. Kâshân, concentré de culture et d’histoire, toujours présentes dans l’esprit des Iraniens, peuple cultivé, et fier – il a toutes raisons de l’être. 

Dans les montagnes d’ Iran

Abyaneh, Iran / 33°35’N 51°36’E / 2008
Les quelques 350 habitants de l’un des plus anciens villages de montagne du pays sont blottis à 2’500 m. d’altitude, dans les replis nord-est de la chaîne du Zagros, qui domine le désert. Vie recluse, hors du temps. Loin des dictats du régime actuel, les femmes ont conservé leur costume coloré, le tchador islamiste n’a pas cours.

Fin de journée à Bungamati

Bungamati, Népal / 27°37’N 85°17’E / 2003
Fin de journée pour les bouchers, un moment de détente; grosse journée avec l’abattage et le dépeçage de ce gros bestiaux.
Au cœur de Bungamati, l’un de ces bourgs d’un autre âge de la Vallée de Kathmandu. Atmosphère moyenâgeuse, toutes les activités se déroulent sur les seuils des maisons, hommes et femmes accroupis parmi déchets et ordures divers. La marmaille, nombreuse, s’ébat au milieu de cette vie élémentaire.
Sentiments partagés entre séduction du pittoresque et constat d’évidente pauvreté. Miasmes du sous-développement, loin de l’air pur des monts himalayens…

L’Erythrée à la dérobée

Erythrée / Asmara 15°19’N 38°55’E / 2000 – 2002
(…) Le pays est fermé, isolé, difficile d’accès et de déplacements. La presse est quasi inexistante, une maigre feuille officielle est parcimonieusement distribuée. Les journalistes et reporters étrangers, de plume ou d’images, sont persona non grata, leurs confrères Erythréens sont soit inféodés au régime, soit en prison; des disparitions sont signalées. La télévision nationale, dans le schéma bien connu des pays totalitaires, a pour fond d’écran le folklore et la glorification de l’histoire aménagée. L’Erythrée est classée par RSF – Reporters Sans Frontières au dernier rang de la liberté de la presse (…)
Lire tout l’article : L’Erythrée à la dérobée
Voir aussi : Asmara l’ambiguë Publié le 24.11.2014

Sur la route du Jebel Saber

Ta’izz, Yemen / 13°34’N 44°0’E / 1999
Pente abrupte, cultures en terrasses, habitat dispersé ou en hameaux; les contreforts du Jebel Saber, imposant massif du centre du pays.
Des vues superbes sur Ta’izz, qui s’étend dans la plaine, ses deux mosquées principales d’un blanc immaculé émergeant de l’ocre général.
Sur la « Route du Sheikh », sa réalisation financée par feu le très éclairé et généreux Sheikh Zayd d’Abu Dhabi. Au bout, il avait une très vaste résidence, dans la fraicheur et la verdure de la montagne. Le Sheikh aimait se divertir des plaines sableuses de son émirat, en Arabie comme en Europe.
Rude montée, une halte s’impose pour ces trois générations d’aimables Yéménites.
Yémen, Arabia Felix, l’Arabie heureuse des Greco-Romains.

Asmara l’ambiguë

Asmara, Erythrée / 15°19’N 38°55 E / 2000 – 2002
Ville-musée de l’architecture coloniale italienne, soigneusement entretenue par une laborieuse et méticuleuse population, Asmara est aussi la capitale d’un pays fermé, où règne une pauvreté évidente, dans le déni du régime autoritaire. Les jeunes ne pensent qu’à l’exil. Les Erythréens constituent le flux principal des requérants d’asile politique en Suisse.
Lire tout l’article : Asmara l’ambiguë

 

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Boeng Salang, deux frères

Phnom Penh, Cambodge / 11°32’N 104°53’E / 2003
Ces deux jeunes gens, bavardant sur le seuil de leur maisonnette, retiennent le regard par leur élégance et leur distinction naturelles. Boeng Salang, bidonville étirant ses métastases le long de la voie ferrée désaffectée qui conduisait à la gare centrale de la capitale.
Cambodge, pays le plus bombardé au monde, aux campagnes encore polluées de champs de mines, dirigé par l’ « Illustre Seigneur, Grand Protecteur suprême et Guerrier tout puissant », Hun Sen.
Lire aussi l’article : Sous les regards des Bouddhas  Publié le 23.10.2013

Mosquée de Kouenza, Mali

Kouenza, Mali / 15°30’N 3°52’W / 1990
Réalisée en 1980, signée d’un chef maçon, la très sobre mosquée de Kouenza s’inscrit dans la grande tradition de l’architecture soudano-sahélienne. Elle témoigne de la vivacité de la construction en banco, d’usage millénaire en milieux arides, de la Chine aux Amériques. C’est cependant au Mali que les plus spectaculaires de ces « architectures sans architectes » ont été réalisées.

Voile noir sur les Hommes bleus

Algérie, Niger, Mali / Territoire touareg /  années 70 et 80
Nomades irrédentistes et transfrontaliers, allure altière haut perchés sur leurs dromadaires, récits d’épiques razzias : c’est l’image romantique qui a hanté les voyageurs depuis l’émergence du mythe Touareg à la fin du XIXe. Sous l’emprise de la nébuleuse islamiste, un voile noir occulte, maintenant, l’indigo du chèche. Nous n’irons plus en Azawad.

Les pirogues de Saint-Louis

Saint-Louis, Sénégal / 16°02’N 16°30’W / 2010
(…)La pêche artisanale contribue dans une large mesure à assurer la sécurité alimentaire du pays, l’un des plus gros consommateurs de poisson au monde. Comptant plus de 50’000 pêcheurs, le secteur occupe, avec les activités de transformation et de mareyage où les femmes prédominent, près de 250’000 personnes (…)
Lire tout l’article : Les pirogues de St.Louis