Voir le Je Kempo

Gom Kora, Trashiyangtse, Bhoutan / 27°25’N 91°23’E /2011
De Mongar à Thasigang, via Gom Kora
Belle lumière matinale sur Mongar. Flânerie sur la place du bourg, les échoppes ouvrent, des moulins à prières se mêlent aux étals. Le dzong local est en cours d’agrandissement, chantier traditionnel, banche et charpente. Les moines sortent du réfectoire, vont laver leurs écuelles après le frugal repas. Parés pour une journée de méditation sur des textes millénaires.
Nous attaquons la route, chaque jour plus difficile. Ce n’est pas que la fatigue qui s’insinue, c’est aussi que nous abordons l’est du pays, sa partie la moins développée. Cette route est classée « spectaculaire », elle le mérite. Chencho assure, conduit très prudemment. Controverse : j’aimerais aller à Drametse Goemba, ce vaste ensemble de temples juché sur un plateau dans les hauteurs. Chencho renâcle, c’est trop loin, une mauvaise piste, un trop long détour. Il voit aussi le temps que je prends, en route, pour les prises de vues. Je me plie à ses avis, frustré. Pas longtemps. Quelques échanges avec des véhicules croisés nous informent que le Je Kempo est à Gom Kora. Si on ne traîne pas trop, on pourrait le voir. Let’s go, Chencho !

Gom Kora, un temple-bijou à l’architecture raffinée, élégamment posé sur un des rares replats de l’étroite vallée de la Kulong Chhu. Nous y sommes juste assez tôt. Sur la route, la limousine aux vitres teintées arborant le fanion de soie aux armes du Royaume. En-dessous, le site est largement pavoisé, des tentes ornementées dressées sur l’esplanade devant les communs, des tapis disposés dans le jardin. Tout est méticuleusement scénographié pour l’événement, la venue du Je Kempo. Le Chief Abbot, l’autorité religieuse suprême, à égalité de pouvoir avec le Roi.

La cérémonie vient de se terminer, déploiement de personnalités religieuses et civiles. Rapidement, un cortège se forme, trompes et étendards en tête, le haut dignitaire, entouré de près, aborde les escaliers vers son convoi.
Deux policiers m’ont repéré, me font signe, poliment, de ne pas photographier. Je n’aurai, du Je Kempo, qu’une image très partielle, de dos, sous sa large ombrelle safran, assortie à sa robe.

Le lieu se vide rapidement, les tapis sont roulés, on visite.

ॐ मणिपद्मे हूँ

Om mani padme hum